Les cinq webdocumentaires les plus marquants

30 oct

Avez-vous entendu parlé d’Alma ? Alma est cette jeune femme mise en scène dans le dernier webdocumentaire d’Upian en collaboration avec Arte. Alma a vécu au sein d’un gang ultra violent du Guatemala durant cinq ans et livre un témoignage poignant et déconcertant. L’occasion pour moi, après avoir visionné ce travail remarquable, de revenir sur les cinq webdocumentaires qui m’ont le plus marqué.

  • Prison Valley – L’industrie de la prison

Ce chef-d’oeuvre réalisé par David Dufresne & Philippe Brault est pour moi une seconde naissance. Il est le premier projet multimédia que j’ai pu admirer durant ma formation en web journalisme, avec au passage la chance de rencontrer David Dufresne et d’en savoir plus sur les nouvelles méthodes de narration propre au webdocumentaire.

Capture Prison Valley

Ce webdoc s’inspire directement de l’univers des jeux vidéos. On navigue, où bon nous semble, on écoute ce que l’on souhaite, on passe sur ce qui ne nous intéresse pas. Le road movie est aussi un objet artistique. Chaque plan est travaillé. L’internaute est transporté instantanément sans en perdre une miette.

De plus, l’interactivité est placée au centre du projet. Chaque internaute se connecte avec un identifiant perso, via Facebook ou Twitter. La narration principale dure 59 minutes ; ce qui peut paraître long à première vue.  La connexion à un serveur permet au visiteur d’apprécier le webdocumentaire à son rythme sans être obligé de revenir au début. Il peut même discuter avec des professionnels de la justice (Observatoire international des prisons, place Vendôme, syndicat des surveillants de prison) en cliquant sur l’un des nombreux modules présents.

Une réussite. Ce projet n’est autre que le premier travail significatif dans la catégorie des webdocumentaires encore peu connus du grand public. Lors de sa sortie, il représenta une toute nouvelle expérience. À découvrir pour ceux qui auraient réussi à passer à côté. Voir le webdocumentaire.

  • Thanatorama

"Vous êtes mort ce matin". Le webdoc Thanatorama va vous expliquer ce qui vous attend. Ce projet multimédia, produit par Upian, a reçu le grand prix du Flash Festival France 2007. Thanatorama aborde le sujet délicat de la mort, du traitement des corps sans vie et du métier de thanatopracteur. L’univers pesant est respecté. Le narrateur, à la voix lourde mais précise, permet à chacun de s’immiscer dans le quotidien des hommes qui accompagnent une dernière fois les défunts.

Capture Thanatorama

La narration est construite en constellation. Le visiteur a deux possibilités : suivre le chemin classique en choisissant à chaque fois la direction qu’il veut prendre, ou alors naviguer dans les menus comme il le souhaite sans revenir au début. Une fois de plus, l’internaute est au centre de la plate-forme. Il est acteur mais de manière moins prononcée que dans Prison Valley.

Ce webdocumentaire est remarquable du fait du thème qu’il aborde mais aussi grâce à la construction du récit qui facilite la compréhension de manière incroyable. Le visiteur suit le chemin d’un corps sans vie du début à la toute fin, en oubliant parfois même qu’il est encore vivant. Voir le webdocumentaire.

  • Fenêtres sur tour – B4

Le webdocumentaire "Fenêtres sur tour – B4" diffusé par France Télévisions expose des tranches de vies. Celles des habitants d’une cité française. Qui sont-ils ? "Fenêtre sur tour" répond à ces questions sans voyeurisme grâce à une plate-forme multimédia astucieuse. L’internaute entre dans une des nombreuses tours que compte l’hexagone, et en un clic, donne la parole à Yasmina du premier étage, Jean-François du quatrième, Brahima du sixième ou encore Mhéni du douzième.

Capture Fenêtres sur tour

Les auteurs de ce documentaire multimédia ont choisi d’utiliser l’image du bloc, du hall et de l’ascenseur. En cliquant sur les fenêtres du bâtiment, les hôtes apparaissent et comptent leur quotidien, leurs habitudes mais aussi les problèmes liés à la vie en communauté. C’est une véritable fenêtre sur tour. Voir le webdocumentaire.

  • Notre poison quotidien

Ce projet est avant tout un documentaire diffusé sur Arte. "Notre Poison Quotidien est une grande enquête qui démontre de manière implacable comment l’industrie chimique empoisonne nos assiettes" comme le précisent les auteurs. Le produit qui résulte de ce documentaire n’est pas un webdocumentaire "classique". Le site internet "Notre poison quotidien" est conçu pour proposer des extraits du documentaire télé.

Pourtant, malgré le peu de contenu du webdoc, les créateurs ont déniché un autre moyen d’informer, cette fois-ci en temps réel. Quatre extraits sont proposés à l’internaute. Il en choisit un et regarde la vidéo correspondante. Le plus intéressant n’est évidemment pas là. Lorsqu’on clique sur une vidéo, plusieurs fenêtres s’ouvrent successivement sur la droite de la page pour proposer d’autres contenus qui complètent les notions abordées dans la vidéo. Un onglet Google News ainsi que Wikipédia permettent aux visiteurs de profiter d’informations complémentaires au fur et à mesure que le récit progresse.

Capture Notre poison quotidien

L’utilisation du multi-sources est très intéressant dans le cadre de ce webdoc qui traite d’un sujet assez pointu. Chacun peut intégrer des données parfois compliquées grâce aux explications supplémentaires. Voir le webdocumentaire.

  • La vie à sac

Voici un webdocumentaire qui porte encore bien son nom. La vie à sac, comme Fenêtre sur tour, offre un aperçu de plusieurs parcours de vie. Les quatre protagonistes ont des itinéraires fracturés et témoignent à visage découvert. Ce webdoc est encore une manière de s’immiscer au plus près de destins bien trop pesants, entre rejet et isolement. Médecin du monde propose des portraits atypiques grâce au contenu de quatre sacs devenus compagnons de galère.

Capture La vie à sac

Une fois de plus, les créateurs du webdoc ont fait marcher leur imagination. Quatre sacs pour quatre histoires. Le s objets présents dans le sac permettent à l’internaute d’en savoir plus. Encore une manière habile de naviguer et de laisser au visiteur le choix de regarder ce qu’il souhaite. Voir le webdocumentaire.

Comme vous pouvez le constater à travers ces cinq coups de coeur, le webdocumentaire se marie parfaitement avec l’air du temps et possède un atout incontestable pour intégrer l’internaute à l’environnement qu’il découvre. À l’heure où le "spectateurs" veut pouvoir choisir, il propose sans pour autant faire subir à l’internaute le rythme des réalisateurs. Tantôt il suggère du contenu tantôt il en met de côté, mais il est toujours à la demande de celui qui regarde.

Pour en voir plus 

Afghanistan – Dix ans de guerre
Ma vie au mitard
Gol ! Ukraine
Stigmatisés

(ndla : pour consulter le webdocumentaire créé, financé et diffusé par mes soins durant mon cursus scolaire vous pouvez vous rendre sur http://sarahrebouh.wix.com/matchomen. Il a déjà plus de deux ans et prend chaque jour des rides. Les webdocumentaires évoluent aussi vite que passe le temps !)

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