L’enjeu démocratique des législatives gommé par « l’affaire Trierweiler »

13 Juin

Valérie Trierweiler a tweeté. Elle ne l’avait pas fait depuis le 30 mai et ne s’imaginait peut-être pas la portée du missile qu’elle venait de lancer. En période d’élections législatives, la première dame de France a osé sortir des clous.

Comment la compagne du président de la République a-t-elle pu aller à l’encontre de la ligne de François Hollande, qui venait tout juste d’annoncer publiquement son soutien à Ségolène Royal, en ballotage peu favorable dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime ? Olivier Falorni, dissident PS, s’engageait dans un combat contre les socialistes. Martine Aubry et Cécile Duflot avaient rejoint La Rochelle, où Ségolène Royal attendait patiemment un coup de pousse électoral non négligeable.

Jusqu’à ce fameux message de Valérie Trierweiler, première dame indisciplinée. Certains parlent déjà « d’affaire extrêmement fâcheuse pour François Hollande« . D’autres ont baptisé l’épisode « l’affaire Trierweiler« . À la suite du micro-message, les twittos se sont tout d’abord demandés si le compte de la journaliste de Paris-Match n’avait pas été piraté. Évidemment, nul n’aurait pu imaginer qu’elle prendrait le risque de désavouer son compagnon. C’est pourtant ce qu’elle a fait. Elle a, par son intervention publique, émis un avis allant à l’encontre de celui de François Hollande.

À gauche, on tente de minimiser l’incident, à l’image de Marisol Touraine qui parle de « proportions déplacées. » À droite, on s’en donne évidemment à cœur joie, chacun se fendant d’un commentaire. Patrick Ollier, ancien ministre UMP suggère la création d’une « loi organique pour définir le statut de Première dame de France. »

Cet événement suscite l’interrogation chez les journalistes. Est-ce que le fait d’être première dame de France soustrait à Valérie Trierweiler son statut de citoyenne ? Cette dernière n’a pas divulgué d’informations confidentielles concernant la gestion du gouvernement. Elle n’a pas non plus mis en lumière un secret défense. Elle a exprimé un avis personnel, comme toute citoyenne lambda sur un réseau social. En est-elle encore une ? Existe-t-il un code déontologique explicite concernant la fonction de première dame ? Non, mais cela relève très certainement du bon sens.

Une chose est sûre, l’encre n’en finit plus de couler. Cela permet une fois de plus de s’interroger sur le rôle des médias dans cette affaire. À l’heure où les élections législatives subissent un taux d’abstention record, les médias se focalisent sur un fait pourtant minime. Quels rôles jouons-nous dans la monopolisation du débat électoral ? N’est-il pas de notre devoir de plonger le citoyen au cœur d’une réflexion démocratique et non plus au centre de déboires people ? Nous nous en éloignons une fois de plus…

PS : j’ai quand même trouvé un article intéressant au sujet de cette « histoire ». Merci à Camille Caldini.

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