L’équipe de France ou le syndrome du soufflé au fromage

25 Juin

Ils sont rentrés à la maison. On s’est bien amusé. Mais ils ont dû rentrer. La faute aux Espagnols… Maintenant, et comme depuis des années déjà, ils en prennent plein la gueule. « Des bleus à l’âme », « Euro 2012 : Knysna-Kirsha, est-ce vraiment comparable ? », « Des Italiens généreux, des Français honteux. » Et l’ancien coach, le mal-aimé, qui en profite pour se refaire une santé médiatique en jugeant qu’il est maintenant temps de « changer la philosophie de notre éducation sportive. »

Comme à chaque fois, on a commencé par se demander ce qui n’avait pas marché. On a imaginé que la place de Laurent Blanc, l’ex-sauveur, allait peut-être être remise en cause. Puis on a cherché les vrais coupables. Les têtes dures de l’équipe. En Afrique du Sud, Franck Ribéry et Patrice Evra en avaient pris pour leur grade. Cette fois-ci, il semblerait que Nasri et Ménez mettent des bâtons dans les roues de la machine équipe de France.

Insultes envers un arbitre, un journaliste et même contre leur discret capitaine Hugo Lloris, le niveau est une fois de plus retombé comme un soufflé au fromage. C’est vraiment emmerdant. Ils étaient tellement mignons avec leur banderole juste avant le départ pour l’Ukraine.

À se demander s’ils n’auraient pas pu rajouter « faire honte » à la fin. Quel bilan tirer de cette sombre expérience ? On s’est fait duper. On a cru qu’un Laurent Blanc, vainqueur de la coupe du monde 98, allait nous redonner le moral. Mais nous avons été bernés. On nous a promis une grande équipe de France, des joueurs bien sous tous rapports, du beau jeu, des victoires et par dessus tout un état d’esprit exemplaire. Maintenant que tout le monde sait ce qu’a fait dérailler la machine, reste à savoir ce qu’on fait…

Plusieurs solutions s’offrent à nous :

  • On ferme les yeux. C’est d’ailleurs l’option extrêmement discutable qu’ont choisi Laurent Blanc et une partie de l’équipe de France. « On sort grandis de cet Euro » déclaré par le combatif Benzema, « L’équipe de France a montré un beau visage » tenté par Alou Diarra, ou encore mieux « Les Espagnols nous craignaient » lâché par Lolo en personne (So Foot) ne font évidemment pas le poids face aux accusations.
  • On vire les petits cons. L’avenir nous dira si Laurent Blanc décide de garder certains éléments perturbateurs, incapables de se contrôler sur et en dehors du terrain. Nasri est l’exemple même de cette dérive comportementale. En agissant comme un enfant gâté, incapable de se remettre en question sur le plan sportif, il a montré une fois de plus le triste visage de cette génération longtemps baptisée : « génération surdouée ».
  • On vire Laurent Blanc. Il n’est pas évident que cette solution soit la bonne. Indiscutablement, l’entraîneur a toujours une grosse part de responsabilités dans la chute de son équipe. Il a d’ailleurs fait des choix bien discutables. Son coaching n’a pas été vraiment plus clair que celui de Domenech. Les changements au cours des différentes rencontres sont arrivés bien trop tard. Le choix de faire rentrer Nasri contre l’Espagne malgré certains signes avant-coureurs est lui-aussi attaquable.
  • On choisit l’option « redorer l’image » (liée à celle : « On vire les petits cons » dans un premier temps). Cette option, c’est celle qu’on a utilisé après Knysna, un court moment tout du moins. C’est celle du mea culpa. L’exemple même de la réussite de cette alternative est Franck Ribéry, héros malheureux de cet Euro 2012. Après avoir été vilipendé par les Français, il a su se contenir, se reconstruire et gommer ses erreurs passées à coup de performances remarquables. Un seul des joueurs présents au cœur de « l’affaire Knysna » a su tirer son épingle du jeu. Pourtant on lui avait collé le bonnet d’âne. Quant aux autres Evra et Malouda, ils ne représentent plus rien en équipe de France. Nasri et Ménez suivront-ils le chemin de Francky ? Pas sûr…

Une prime pour les sales gosses ?

Il est vrai qu’il est tellement facile de s’en prendre aux joueurs qu’on en oublierait presque d’être compréhensif. L’heure n’est plus à la compassion. On se demande encore comment c’est possible. Gagner autant d’argent et être aussi exigeant et capricieux. Je ne sais pas vous, mais je suis issue de cette génération 90. Celle de « l’enfant roi ». Celle à qui on ne dit pas non. Celle qui a toujours tout eu, tout de suite. Comment pouvons-nous nous étonner de la mentalité de certains joueurs, alors qu’on ne s’étonne plus de la mentalité des futures générations ?

Comme me disait mon père quand j’étais enfant : « il faut savoir placer des barrières là où tu ne sais pas en mettre. » C’est exactement ce qu’il faut commencer à faire avec la nouvelle génération de footballeurs. Une insulte ? C’est dehors. Un geste offensant ? C’est dehors. Évidemment, l’entente parfaite dans une équipe n’existe pas. Mais prenons exemple sur les bonnes initiatives, comme celles des Italiens, qui refusent leurs primes de résultats pour se montrer solidaires de leurs compatriotes. Les Français n’en parlent pas ? Qu’on leur retire sans leur demander leur avis.

Finalement, les bleus c’est comme un soufflé un fromage. À chaque fois ça retombe, mais on sait toujours pas comment faire pour y remédier.

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