Richard Bellia : profession photographe

4 Juil

Les Eurockéennes de Belfort c’est avant tout des musiciens talentueux. Des concerts et des festivaliers dans tous leurs états. Un autre artiste était présent sur les lieux. Richard Bellia, photographe de rock, nous a accordé une interview exclusive et filé quelques tuyaux.

© PS / Richard Bellia et son moyen format argentique ne passent pas inaperçus.

Le personnage est impressionnant à en lire son parcours professionnel. Il reste pourtant incroyablement accessible. Même chaleureux. En quelques secondes, les présentations sont faites. Richard Bellia a débuté la photographie en 1980, après avoir roulé sa bosse en Angleterre, puis travaillé pour Libération et les Inrockuptibles. Il s’installe ensuite à Munich, Prague, Lyon, Nancy et en Suisse où il s’essaie à la radio. Mais ça, ce n’est pas le plus important.

Richard Bellia, c’est aussi et surtout des clichés argentiques qui ont traversé le temps. Iggy Pop, Robert Smith, Paul McCartney, Gainsbourg, Nirvana font partie de ses modèles les plus connus. Alors on avait envie de lui poser plein de questions et qu’il nous donne des conseils pour tous ceux qui espèrent un jour être à sa place. Mais nous nous sommes laissés emporter au fil des anecdotes et des citations bien posées.

« Un photographe qui prend une super photo avec un appareil de m**** se dira toujours : pourquoi j’ai pas pris un bon appareil ?! »

Richard Bellia fait partie de ceux qui maudissent le numérique. Même s’il en a eu un pendant deux ans, il ne travaille plus qu’en argentique. « À la fin, avec un appareil photo numérique, c’est plus toi qui fait la photo, c’est l’appareil. Avant c’était déjà compliqué de se faire respecter. Avec le numérique, tes photos ne valent plus rien. Les gens ont oublié que notre métier c’est photographe ! » déclare-t-il franchement. Il a parcouru « presque » tous les festivals du monde, qu’il choisit « avec ses oreilles et suivant la facilité à travailler sur place. »

Il est aussi de ceux qui croient en « la chaîne du froid ». Il faut que tous les critères soient réunis pour que la photo soit réussie : « c’est comme le poisson. Si on loupe une étape entre la pêche et l’assiette, on est malade ». Selon lui, le plus dur c’est de se retenir d’appuyer sur le déclencheur.

« Instagram ne fait pas de toi un photographe qui a un style »

S’il ne croit pas au numérique, il croit encore moins aux nouvelles applications comme par exemple Instagram. « Un débutant peut vivre de la photo s’il a un style, mais un style à lui » explique-t-il. Le style de Richard, ce sont les portraits de stars de la musique en concert, mais surtout en apparté. Il est d’ailleurs le seul à avoir eu un cliché de Bertrand Cantat dans sa loge aux Eurockénnes 2012. Et quand on lui demande comment il a réussi, il répond qu’il faut retenir une chose : « Les gens connus, tu leur parles comme des gens qui le sont pas parce qu’ils en ont plein le c** ; et les gens pas connus, tu leur parles comme si c’était des stars. »

Article publié pour France 3 Franche-Comté dans le cadre des Eurockéennes de Belfort.

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